Et pendant ce temps-là... dans les Opens (6)

« C’est pour cela qu’on est fidèle au Cap : pour cette convivialité ! Cet événement, je le fais découvrir à chaque fois à de nouveaux collègues de PACA. » [Robert Gueyraud, 75 ans]

Vidéo : La découverte de l’année !

C’est Robert de l’ASSE, l’association sportive de la CMCAS de Marseille, qui a trouvé les mots justes : « La vidéo, c’est la découverte de l’année ! Je leur ai dit, aux collègues de Marseille, de se branche sur Internet. Je leur ai même donné les horaires. Ils ont pu suivre les parties avec encore plus d’intérêt.


 (JPG)
Le GM Glenn Flear, commente en anglais, pour les internautes.
Quand je vais rentrer à Marseille, je mettrais tous les bulletins du « Blitz au Cap » à la disposition des joueurs de mon club. C’est ce que je fais après toutes les Rencontres. Mais là, ils auront déjà tout vécu ! La vidéo, c’est un canal de diffusion qui permet de mieux comprendre les parties. On voit l’expression des joueurs... On peut se faire son « petit Cap » à la maison, chez soi, devant son ordinateur ! Ce sont mes septièmes Rencontres et côté retransmission, ce sont les meilleurs. Il y a la vidéo, les informations sur le site, les photos, les résultats, les bulletins. Juste une chose : j’aurais préféré qu’il y ait un peu plus de parties commentées dans le Blitz au Cap, par exemple deux au lieu d’une seule. » C’est vu, Robert ! Et on peut quand même remercier au passage les commentateurs du Cap : Glenn Flear et Javier Moreno en cabine pour le Net, Stuart Conquest, Gildas Goldstejn et Adrien Payen à l’Espace Rencontre. A eux cinq, ils ont fait vivre l’événement à des milliers de passionnés. Comme c’était dit dans le Blitz au Cap, c’était comme si on avait rempli un Stade de France en ligne : 90 000 spectateurs tous les jours ! Sur place, c’était pareil : que du bonheur ! Comment oublier le one-man show d’Ivanchuk au micro lors du tie-break Karpov-Hou Yifan !!? Ce joueur génial s’est senti comme « à la maison ». Un poisson dans l’eau ! Et c’est le bon moment de laisser le soin à Robert Gueyraud et ses 75 ans bon train de donner le mot de la fin : « C’est pour cela qu’on est fidèle au Cap : pour cette convivialité ! Cet événement, je le fais découvrir à chaque fois à de nouveaux collègues de PACA. Je savais déjà que le vivre, ça leur plairait quand j’avais organisé les qualifications régionales CMCAS du 21 septembre. Ces Rencontres, je savais déjà qu’elles allaient les rendre heureux ! »


Chronique d’un Méga blitz...

Ils étaient 250 noctambules et quelques à errer hagards sous le parterre d’étoiles du côté du grand chapiteau du Cap. C’était la fête du blitz ! Aux manettes, l’arbitre Luc en son domaine avec un œil à tout, celui de gauche en alternance avec celui de droite, légère fatigue des globes oculaires oblige. Mais Luc vit aussi cela et cette scène cocasse s’est déroulée en marge de la compétition : « Deux adorateurs de Bacchus, explique Luc, pesant ses mots, faisaient un blitz d’anthologie. Il était trois heures et demi du matin. Ils jouaient eux aussi sous le chapiteau, mais pour le plaisir, hors tournoi. Un joueur double ses Tours en D7 et en D6. Un coup tout ce qui a de plus légal. Mais et son adversaire s’étonne juste assez lucide sur son état : « Oh dis, je vois double... je vois deux Tours ! » Vision trouble, double... Mais il y avait vraiment deux Tours sur la colonne D ! »


Dans le vif du sujet : Yann avec un grand H

(JPG)
Yann Harmand

Ces rencontres sont géniales. C’est la vie sans fard. Humour quand tu nous tiens ! La parole est à ce sacré joueur qui n’en manque pas : « Salut, je m’appelle Yann Harmand avec un grand « H » comme handicap et avec une grande « H » comme attaquant ! J’ai 36 ans. Mon Elo : 1630. Mon style, c’est attaquer, attaquer, attaquer ! Je joue au club de l’Echiquier Nancéien. Ce sont mes quatrièmes Rencontres après 2003, 2004 et 2006. Mon plus beau souvenir, c’est 2003 quand j’avais pu discuter avec Anand et Karpov ! Et puis cette année-là, j’avais commencé avec quatre points après quatre rondes de l’Open de l’Avenir. Mais j’avais fait la fête lors de la grande soirée de blitz... Avec des étincelles dans les yeux ! Et j’avais fini vers la trentième place après avoir subi quelques défaites... Cette année, ma joueuse préférée c’est Marie Sebag. Hier à midi, elle m’a remonté le moral ! Je venais de perdre à l’une des premières tables. Elle m’a écrit un petit mot pour m’encourager en me disant qu’il fallait que je finisse avec 7 sur 9 ! Et je veux dire que jouer par rapport à mon handicap, qui est de naissance, c’est un défi pour la vie. Pour moi, je ne suis pas handicapé ! Je ne le suis pas dans ma tête. J’ai créé une association d’auxiliaires de vie à Nancy. Son nom : AGH, ce qui veut dire Association pour Gommer le Handicap, et cela résume ma vie ! Je joue aux échecs et je suis ingénieur chez EDF... Etre ici au Cap, c’est le bonheur ! »


Grand Prix CCAS : Où est le bonheur ?


 (JPG)
GM Eric Prié
Eric Prié n’en pouvait plus. Il avait décidé de quitter le tournoi à une ronde de la fin. Le Montpelliérain avait pourtant engagé sa 8e ronde à la table 1. Voici son explication. Elle est suffisamment rare, noble et sincère qu’il est inutile d’en rajouter. Juste préciser s’il était besoin que c’est aussi cela la vie d’un professionnel d’échecs : « J’ai des soucis qui m’empêchent de dormir. A un moment, vers la fin du tournoi, je suis complètement lessivé. C’est comme dans tous les tournois que j’ai joués cet été, j’espère un miracle... et il n’y a jamais de miracle. Là, je viens de perdre en 12 coups avec les Blancs [une gaffe contre Palac à la table 1 après une proposition de nulle du Croate]. Ce qui ne m’était encore jamais arrivé dans ma vie. Conclusion : Je dois absolument chercher à résoudre mon problème. Ce n’est d’ailleurs pas très compliqué. C’est même un truc assez simple. Après je pourrai revenir aux échecs. J’ai été cassé alors que j’étais en pleine progression, et je n’arrive pas à retrouver mon « drive ». Je joue bien aux échecs quand je suis amoureux... »


Tournoi du Cavalier : Le Cavalier seul de Margaux

A une ronde de la fin, la jeune Margaux Lefevre (1970) a un point d’avance clair : 7,5/8 après sa victoire contre Julien Fageot (2022) à la septième ! Cette performance lui assure déjà la première place. Le seul suspense, c’est de savoir si elle finira seule en tête. Coup d’envoi de cette 9e et dernière ronde à 9 heures. Verdict final : d’ici une poignée d’heures. Rendez-vous au comptoir juste après le déjeuner... Ce petit détour pour remercier tous ces sourires venus de derrière le zinc depuis huit jours. Savoir servir, c’est un métier !! Quand le bar sera bondé au comptoir juste après la finale, c’est dit : on lèvera tous sa coupe à Margaux... Son adversaire de la table 1 : le Croate Zdravko Muha (2086). La minime de Drancy aura les Noirs. Cette victoire d’une féminine dans un open du Cap, ce serait évidemment une première, selon Serge l’arbitre... Vas-y, Margaux !


 (JPG)
MI Etienne Mensch contre GM Christian Bauer
Rapide du Cap : Etienne Mensch le feu !

Et c’est ainsi que l’ami alsacien tout feu tout flamme put raconter son étonnant tournoi : « J’ai eu mon lundi noir dans le Grand Prix CCAS avec deux bulles. Le lendemain, il y avait le début du rapide. Christian Bauer est venu me voir le matin même dans ma chambre pour me dire : « Viens jouer ! » J’étais encore dans ma chambre, tout juste éveillé. Que faire ? Je me suis dit : Ok, j’y vais, et je joue à fond ! Je suis arrivé à la dernière minute. Et l’arbitre Luc m’a dit : « Je vais voir si c’est encore possible ou pas... » En zeitnot avant la partie, pas clair... Une ouverture « poubelle » contre un 2000, mais je gagne ! J’enchaîne les victoires, y compris contre Prié. Et je finis 4e avec 6,5/8 derrière Bauer qui remporte ce premier Rapide du Cap !! Je me suis fait un peu violence chaque matin : ronde à 9 heures... Mais j’ai gagné un prix de 300 euros ! Cela ne pouvait pas mieux se passer. »

le 1er novembre 2008.
© Capechecs.com - 2008. Tous droits réservés. Reproduction et diffusion interdite.