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Les interventions historiques sur les échecs

Les interventions historiques sur les échecs Par Jean-Michel Péchiné, Europe Echecs.

Que vous soyez 5, 10, 20 ou 50, le plaisir est le même !

C’est un plaisir de présenter la fabuleuse histoire des échecs et leur culture millénaire. Ces conférences, qui sont plutôt des « rencontres-débats », durent normalement une petite heure. Elles ont lieu le plus souvent à 18h00, juste avant de dîner, ou encore à 21h00 en début de soirée. C’est le timing que je préfère, car en fait, il n’est pas rare que nous continuions à parler « échecs » jusqu’à 22h30, voire plus. C’est un plaisir partagé. Les bénéficiaires réagissent. Ils posent des questions : sur les échecs et les femmes, l’informatique, l’influence arabe, les échecs dans les arts, et bien sûr Kasparov et Karpov, les deux super champions ! Je raconte aux bénéficiaires la vie de Karpov, cet enfant de Zlatoust, en Oural, qui a parcouru le monde grâce à son talent extraordinaire.

L’échiquier du monde

Je leur dis que Karpov est le parrain des Rencontres d’échecs de la CCAS au Cap d’Agde, qu’il fait la queue au self comme tout le monde, et qu’il est aujourd’hui Ambassadeur de l’Unicef pour développer les échecs auprès des enfants. Je leur dis aussi que le talent n’est pas héréditaire, que chacun a sa place sur « l’échiquier du monde », et qu’un texte ancien de l’Inde nous dit que le plus puissant peut être perdu (le Roi) si le plus humble n’est pas protégé(le pion). Hélas, ce sont des questions qui nous touchent tous aujourd’hui ! Nous parlons des valeurs véhiculées par ce jeu à travers les siècles, de ses vertus profondes comme de se serrer la main avant la partie, de tout faire pour battre son rival, mais de se serrer à nouveau la main à la fin de la partie, vainqueur comme vaincu.

Un jeu fascinant et accessible

Les grands-parents veulent savoir ce qu’il en est exactement de cette convention-cadre signée par la Fédération Française des Echecs avec l’Education Nationale. Ils pensent à leurs petits-enfants. Les enfants, qui n’ont parfois que sept ou huit ans, gardent une attention soutenue. Certains s’en vont à la fin du diaporama (c’est une conférence audio-visuelle). C’est normal, et c’est déjà génial qu’ils soient restés aussi longtemps. Mais d’autres ne décollent pas ! Ils continuent à suivre les débats. C’est un bonheur, et j’imagine qu’on nous raconte des bêtises quand on nous dit que tous les enfants décrochent après « 40 minutes maximum ». C’est le timing des « consultants », je crois. De mon côté, je ne conçois pas ces interventions historiques comme du « business ». C’est plutôt un sacerdoce. Il faut expliquer, rompre avec cette image qui reste très élitiste du jeu. Mais je leur dis, c’est faux. Les échecs transcendent tout, ils sont accessibles à tous. Nous sommes une famille ! Et surtout, n’oubliez pas, les enfants, ce n’est jamais qu’une forme d’intelligence. Rien ne vous autorise à mépriser vote adversaire parce que vous venez de le battre sur l’échiquier !

La liberté de penser

Ce respect de l’autre est essentiel. Ce que je regarde, c’est si certains s’endorment ou pas. C’est très rare, mais cela m’est arrivé. Je ne leur en veux pas. Ils ont sans doute d’autres chats à fouetter. Et ainsi vont ces conférences qui se succèdent un peu partout en France. Il m’est arrivé de « faire un tabac » dans certains centres, comme au Cap d’Agde. C’est un peu le cœur ! Et parfois, c’est plus délicat. C’est l’été ! On se détend... Dans certains centres, ils sont une vingtaine à venir assister à cette rencontre. Dans d’autres, ils ne sont que quatre ou cinq. Il m’est arrivé de penser que si j’avais fait la « Star Academy », la salle serait pleine à craquer, et les fans exulteraient ! A mes yeux, cela ne fait aucune différence. Ce qui compte, au final, c’est ce plaisir partagé. Je fais ma présentation. Les bénéficiaires présents, je les remercie tous ! Et la plupart vraiment sont satisfaits.

Les vertus de l’histoire

Mais cela m’a déjà amené à me poser cette question assez grave : Y aurait-il comme un rejet de la culture, de ce qui relève du savoir ? Et pourtant, cela rend libre, je crois. C’est ce que je dis : il est essentiel de connaître l’histoire. Celle des échecs, si petite, a côtoyé si souvent la grande, celle des hommes, pour le meilleur et pour le pire. C’est toujours utile de se souvenir que l’homme évolue vers plus de sensibilité, d’humanité, et non l’inverse. Même si parfois l’actualité nous dit que rien n’est linéaire, comme c’est le cas aujourd’hui. Si l’homme vit une régression massive à cause de l’exploitation - absolument totalitaire - du plus grand nombre par quelques-uns, les échecs nous ont appris que rien n’est possible sans l’entraide des uns et des autres. C’est sans doute la vertu première de ce jeu millénaire !

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CCAS Saint Cyprien : De gauche à droite, le 21 mars au centre de Saint-Cyprien : Emmanuel (CCAS Sain-Cyprien), Gilles Quéhénervé vice-champion du monde du 200 mètres (Activivre), Laurent (CCAS Saint-Cyprien), Yvelise Magloire et Adrien Allot (Activivre), Jean-Michel Péchiné et Bachar Kouatly (Europe Echecs), Bruno Wartelle vice-champion du monde de Boxe 1995 (Activivre). Photo Copyright Europe Echecs

le 26 mars 2009.











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